Perdre du poids sur un tapis de course n’a rien de compliqué, mais il est facile de s’y prendre mal. La plupart des gens se contentent d’une balade à un rythme qui fait à peine monter le cardio, ou bien sprintent jusqu’à l’épuisement deux fois avant d’abandonner en troisième semaine. Ce programme se situe entre ces deux impasses : cinq séances par semaine, trois types de séances, et une progression qui reste efficace pendant deux mois au lieu de deux semaines. Chaque vitesse, chaque inclinaison et chaque durée est indiquée, pour ne jamais avoir à improviser en pleine séance.
Le seul chiffre qui compte
La perte de graisse vient d’un déficit calorique maintenu dans la durée. Le rôle du tapis est d’alimenter le côté dépense de cette équation de façon fiable, semaine après semaine, sans détruire votre appétit ni vos articulations.
Voici ce que produit réellement une semaine bien construite pour une personne de 70 kg. Ce sont des ordres de grandeur, qui évoluent à peu près proportionnellement au poids corporel : une personne de 90 kg peut donc ajouter environ 25 pour cent.
| Séance | Chiffres | Dépense approx. |
|---|---|---|
| Marche en pente, 45 min | 5,0 km/h à 8 % | 420-460 kcal |
| Course en continu, 35 min | 9,0 km/h à 1 % | 340-380 kcal |
| Fractionné, 25 min | varié | 280-320 kcal |
| Séance longue et facile, 55 min | 5,5 km/h à 4 % | 380-420 kcal |
Cinq séances construites à partir de ce menu représentent environ 1 800 à 2 000 kcal par semaine. À elles seules, cela correspond à peu près à 0,25 kg de graisse par semaine. Associées à un ajustement alimentaire modéré de 300 à 400 kcal par jour, vous arrivez à 0,5 à 0,7 kg par semaine, soit le rythme qui tient vraiment dans la durée.
Deux conséquences en découlent. D’abord, le volume hebdomadaire total compte plus que n’importe quelle séance héroïque isolée. Ensuite, la régularité l’emporte sur l’intensité, parce qu’une séance que vous sautez brûle zéro calorie, aussi bien conçue soit-elle.
Les trois types de séances
Tout le programme repose sur trois séances. Assimilez-les et le tableau des huit semaines ci-dessous se lit tout seul.
1. La marche en pente (votre séance la plus rentable). Marcher sur une pente de 8 à 12 % sollicite vos fessiers, vos ischio-jambiers et vos mollets bien plus fort que la marche à plat, tout en vous maintenant dans une zone cardiaque modérée que vous pouvez tenir 45 minutes ou plus. Il n’y a pas de phase d’impact : vous pouvez donc enchaîner plusieurs jours d’affilée sans le coût articulaire de la course. C’est la colonne vertébrale du programme, et c’est la raison pour laquelle deux de vos cinq créneaux hebdomadaires sont des marches en pente. Si vous voulez le détail complet de la raison pour laquelle la pente change autant le calcul, lisez marche en pente vs course.
2. L’effort continu régulier. Un bloc unique à une allure que vous pourriez tenir une heure, en course ou en marche rapide. Cette séance construit le moteur aérobie qui rend toutes les autres plus faciles. Le test de l’effort : vous arrivez à prononcer une phrase entière, mais vous n’auriez pas envie de tenir une conversation.
3. Le fractionné. Des efforts courts et intenses avec récupération en marchant. Le fractionné offre une grosse dépense dans un créneau réduit et fait monter votre métabolisme pendant quelques heures après la séance. C’est aussi le moyen le plus rapide de se blesser si vous en accumulez trop, d’où une seule séance par semaine ici. La structure ci-dessous est volontairement prudente ; notre séance HIIT de 20 minutes sur tapis couvre les variantes plus dures pour plus tard.
Le programme sur 8 semaines
Cinq séances par semaine. Une répartition sensée : lundi, mardi, jeudi, vendredi, samedi, avec repos le mercredi et le dimanche. Ne placez jamais deux séances de fractionné deux jours de suite, et ne mettez jamais le fractionné juste avant la séance longue.
Chaque séance commence par 5 minutes de marche à 4,5 km/h et 0 %, et se termine par 5 minutes de marche à 4,0 km/h et 0 %. Les durées ci-dessous ne concernent que le bloc de travail.
Semaines 1-2 (construction de la base, environ 130 min par semaine)
- Séance A, marche en pente : 35 min à 5,0 km/h, 6 % d’inclinaison
- Séance B, continu : 20 min en continu à 7,5-8,5 km/h, 1 % d’inclinaison
- Séance C, marche en pente : 35 min à 5,0 km/h, en alternant 3 min à 7 % et 3 min à 4 %
- Séance D, fractionné : 8 séries de 30 s à 10,0 km/h, puis 90 s de marche à 5,0 km/h
- Séance E, longue et facile : 40 min à 5,5 km/h, 3 % d’inclinaison
Semaines 3-4 (on ajoute de la pente, environ 160 min par semaine)
- A : 45 min à 5,0-5,5 km/h, 8 % d’inclinaison
- B : 25 min en continu à 8,0-9,0 km/h, 1 % d’inclinaison
- C : 40 min en alternant 3 min à 10 % et 3 min à 5 %, à 4,8 km/h tout du long
- D : 10 séries de 45 s à 10,0-11,0 km/h, puis 75 s de marche à 5,0 km/h
- E : 50 min à 5,5 km/h, 4 % d’inclinaison
Semaines 5-6 (volume maximal, environ 190 min par semaine)
- A : 50 min à 5,0-5,5 km/h, 10 % d’inclinaison
- B : 30 min en continu à 8,5-9,5 km/h, 1 % d’inclinaison
- C : pyramide de 45 min à 5,0 km/h : 5 min à chacune des inclinaisons 4 %, 6 %, 8 %, 10 %, 12 %, puis redescente par 8 % et 5 %
- D : 8 séries de 60 s à 11,0-12,0 km/h, puis 90 s de marche à 5,0 km/h
- E : 55 min à 5,5 km/h, 4 % d’inclinaison
Semaines 7-8 (consolidation, environ 210 min par semaine)
- A : 55 min à 5,5 km/h, 10-12 % d’inclinaison
- B : 35 min en continu à 9,0-10,0 km/h, 1 % d’inclinaison
- C : pyramide de 50 min comme en semaine 5, avec des paliers de 6 min au lieu de 5
- D : 10 séries de 60 s à 11,0-12,0 km/h, puis 90 s de marche à 5,0 km/h
- E : 65 min à 5,5-6,0 km/h, 4 % d’inclinaison
Si une vitesse de ce tableau est hors de portée pour l’instant, gardez la structure et baissez le chiffre. Une marche en pente de 45 minutes à 4,5 km/h et 6 % reste une séance vraiment productive. Si la course en continu, à quelque vitesse que ce soit, n’est pas encore envisageable, passez d’abord un mois sur le programme tapis de course de 4 semaines pour débutants, puis reprenez ici à la semaine 1.
Régler l’inclinaison à la main toutes les trois minutes pendant une pyramide devient vite pénible, et c’est exactement ce genre de corvée qui transforme une séance de 50 minutes en séance de 30. Piloter la vitesse et l’inclinaison depuis votre téléphone avec Treadmill Pro supprime cette friction, et chaque séance enregistre automatiquement la distance, le temps et les calories : votre dépense hebdomadaire devient un chiffre que vous pouvez consulter, et non une estimation approximative.
Régler l’intensité sans deviner
La vitesse seule ne dit pas à quel point vous travaillez. Pour la plupart des gens, une marche à 5,5 km/h avec 10 % d’inclinaison est plus dure qu’un footing à 7,0 km/h sur le plat. Deux repères vous gardent honnête :
- Le test de la parole. Sur les marches en pente et les séances longues, vous devez pouvoir parler par phrases courtes. Sur les courses en continu, une phrase, avec effort. Sur le fractionné, des mots isolés uniquement.
- La fréquence cardiaque. Les marches en pente et les séances longues se situent en zone 2 ou en bas de zone 3, soit environ 60 à 75 % de votre maximum. Les courses en continu tournent à 75-85 %. Le fractionné monte à 85-92 % pendant la partie travail. Si vous vous entraînez avec une Apple Watch, commencez par configurer correctement vos zones : notre guide sur les zones de fréquence cardiaque Apple Watch sur tapis de course explique la marche à suivre.
Un bon indicateur sur les huit semaines : à vitesse et inclinaison identiques, votre fréquence cardiaque moyenne doit lentement baisser. C’est la forme qui arrive. Quand cela se produit, augmentez l’inclinaison de 1 à 2 % plutôt que la vitesse, car la pente ajoute du travail sans ajouter d’impact.
Là où ça coince
Manger ce que l’on vient de brûler. Une marche en pente à 450 kcal, c’est à peu près un grand café aromatisé et un muffin. L’entraînement vous donne accès au déficit, il ne le crée pas tout seul.
S’accrocher aux barres. S’agripper aux barres sur une pente à 10 % décharge une grande partie du travail et peut réduire la dépense réelle de 20 à 30 %. Si vous avez besoin des barres pour tenir, l’inclinaison est trop élevée. Baissez-la de 2 % et lâchez prise.
Faire tout le programme à plat. Sauter l’inclinaison transforme les deux séances les plus rentables en simples promenades. La pente, c’est justement tout l’intérêt.
Se peser tous les jours et réagir. Le poids d’eau varie de 1 à 2 kg pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la graisse. Pesez-vous à la même heure chaque matin, et ne comparez que des moyennes hebdomadaires.
Dormir trop peu. Six heures de sommeil augmentent les hormones de l’appétit et dégradent la qualité de l’entraînement en même temps. C’est la raison la plus fréquente pour laquelle un programme techniquement correct ne donne aucun résultat.
Et après la semaine 8
Faites les huit semaines, puis prenez une semaine allégée à environ 60 % du volume de la semaine 7 avant de décider. Trois directions raisonnables ensuite :
- Refaire le bloc avec des chiffres plus durs. Ajoutez 1 à 2 % à chaque inclinaison et 0,5 km/h aux vitesses de course. C’est l’option la plus rentable si la balance bouge encore.
- Basculer vers la course. Si la séance en continu est devenue celle que vous attendez avec impatience, remplacez une marche en pente par une deuxième course continue et commencez à construire du kilométrage.
- Garder le volume et retravailler l’alimentation. Si l’entraînement est régulier mais que la perte de poids stagne depuis trois semaines d’affilée, la réponse est du côté de l’assiette, pas dans l’ajout d’une sixième séance.
Quel que soit votre choix, continuez à enregistrer vos séances. Huit semaines de séances dans Treadmill Pro, synchronisées avec Apple Health, vous donnent les deux chiffres qui comptent vraiment : les minutes d’entraînement hebdomadaires et la dépense calorique hebdomadaire. Quand la progression ralentit, ces chiffres vous disent ce qui a changé. La motivation n’est pas fiable, mais un graphique sans trou est un argument étonnamment convaincant pour remonter sur le tapis une fois de plus.